Test Matériel

Fujifilm X100VI -
Six Mois Plus Tard

Fujifilm X100VI tenu dans le quartier patrimonial Al Fahidi à Dubaï, photographié par Hatim Champeli

J'ai attendu huit mois pour mettre la main sur cet appareil. Cela en valait-il la peine ? Largement oui, mais pas pour les raisons que j'attendais.

Soyons honnêtes dès le départ: j'étais sceptique. Le X100V était devenu presque mythologique, l'appareil que tout le monde voulait et que personne ne trouvait. Quand Fujifilm a annoncé le VI, internet a réagi exactement comme internet le fait: des gens qui n'avaient jamais touché un appareil à objectif fixe en avaient soudainement besoin, et les files de précommande sont devenues une seconde carrière pour les revendeurs. Je ne savais pas si je voulais en faire partie.

Mais je photographie beaucoup à Dubaï, et Dubaï a un problème spécifique que cet appareil résout mieux que presque tout ce que j'ai utilisé: on ne peut pas toujours avoir l'air de photographier. Dans les rues publiques, près de certains bâtiments, dans les souks, un grand boîtier hybride avec un 70-200 attire l'attention. Parfois c'est bien. Souvent, ce ne l'est pas. Le X100VI ressemble à un appareil de touriste, et c'est exactement pourquoi il est vraiment utile.

Ce qui a vraiment changé

Le capteur 40MP est la mise à niveau phare et il tient ses promesses. Je photographiais le VI à ISO 6400 dans un entrepôt mal éclairé pour un projet en octobre dernier, et les fichiers étaient vraiment exploitables: propres d'une façon qui m'a surpris. Pousser à 12 800 donne du grain, mais c'est un grain argentique, pas de la bouillie numérique. La réduction de bruit en appareil est encore trop agressive en Auto si on la laisse tourner, donc je la maintiens à -2 et je gère ça dans Lightroom.

L'IBIS est l'autre changement majeur. Le V n'avait aucune stabilisation, ce qui rendait la focale équivalente 35mm plus délicate en basse lumière qu'on ne le penserait. L'IBIS du VI est annoncé à 6 stops et je pense que c'est à peu près exact en pratique: pas équivalent au système d'un XT-5 avec un objectif stabilisé, mais suffisant pour ne plus jeter des images comme avant.

Le X100VI ressemble à un appareil de touriste. À Dubaï, ce n'est pas une limitation, c'est précisément le but.

Ce qui n'a pas changé: l'autofocus. Il est meilleur que le V, la détection de sujet est maintenant vraiment fiable en bonne lumière, mais si vous venez d'un Sony A7R V ou même d'un Nikon Z récent, vous ressentirez la différence immédiatement. Pour le street et les portraits en situation, ça suit. Pour un travail éditorial rapide avec des sujets imprévisibles, j'utilise encore autre chose.

La question de la focale fixe

C'est ce sur quoi les gens débattent le plus et je vais vous donner ma réponse honnête: le 35mm équivalent n'est pas mon oeil naturel. Je vois en 50mm. Les premières semaines avec le X100VI m'ont semblé contraignantes: je voulais constamment zoomer, comprimer les arrière-plans, faire des choses que cet appareil ne peut tout simplement pas faire.

Puis quelque chose a changé. Quand on ne peut pas zoomer, on bouge. On se rapproche ou on s'éloigne, on change d'angle, on prend des décisions avec ses pieds qu'on prendrait normalement avec ses mains. Mes compositions sont devenues moins paresseuses. Ce n'est pas une façon diplomatique de dire que j'aime les contraintes: je dis que la limite m'a forcé à être plus délibéré, et certains de mes cadres préférés des six derniers mois viennent de cet appareil dans des situations où j'aurais pris l'option facile avec un zoom.

Ce avec quoi je photographie

Fujifilm X100VI. Simulations Film: Classic Negative pour le street, Eterna Cinema pour les portraits en lumière mixte. Lightroom pour le traitement raw. Pas de plugin de conversion: je trouve les couleurs Fujifilm natives suffisamment proches pour ne pas chercher un rendu tiers.

Le téléconvertisseur (TCL-X100 II) ajoute une option 50mm effective et le WCL-X100 II passe à 28mm équivalent. J'ai les deux. Je ne les utilise presque jamais: ils ajoutent du volume et vont à l'encontre d'une partie de l'intérêt. Si j'ai régulièrement besoin de ces focales, je prends un autre boîtier.

Notes spécifiques à Dubaï

La chaleur affecte cet appareil. Rien de dramatique, mais si vous avez photographié en plein soleil pendant trois heures en août et que le boîtier a été dans un sac, donnez-lui cinq minutes avant de commencer à shooter dans un intérieur climatisé. J'ai eu deux cas où l'autofocus est devenu peu fiable après une longue exposition à la chaleur, et les deux se sont résolus une fois l'appareil refroidi. Vaut la peine de le savoir.

Le filtre ND intégré à l'objectif est quelque chose que j'utilise constamment ici. L'heure dorée à Dubaï est encore souvent aveuglante: une lumière directionnelle dure même quand le soleil est bas. Avoir quatre stops de ND intégré sans rien visser sur l'objectif est vraiment pratique. Ce n'est pas un remplacement pour un empilement de ND approprié pour le travail en longue exposition, mais pour les portraits en extérieur sous une forte lumière d'après-midi, ça vous donne de la latitude pour ouvrir le diaphragme.


Six mois plus tard, le X100VI est dans mon sac presque à chaque séance comme second boîtier. Il y a des choses qui me manquent: la possibilité de changer d'objectif évidemment, un système AF plus robuste pour les sujets rapides, une meilleure autonomie. Mais comme appareil qui me permet de bouger vite, de shooter discrètement et de produire des fichiers dont je suis vraiment satisfait, il a gagné sa place.

Si vous hésitez: si une focale fixe 35mm équivalent vous semble une limitation que vous combattriez en permanence, cet appareil vous frustrera. Si vous êtes prêt à travailler avec lui plutôt que contre lui, c'est l'une des choses les plus agréables avec lesquelles j'aie photographié depuis longtemps.

Travaillons ensemble

Basé à Dubaï. Si vous êtes mannequin ou agence à la recherche d'un photographe qui maîtrise son matériel, WhatsApp est le moyen le plus rapide de me joindre.

Prêt·e à réserver votre propre séance ? Découvrez comment se déroule une séance avec Photoczaro →

Retour au Journal
WhatsApp Appeler